Demi-tour du monde d'an en vélo couché.
J'ai attendu, attendu, et j'ai finalement réussi a avoir un ferry. Après en avoir loupé un... Il faut croire que téléphoner 3 fois dans la journée, ce n'est pas suffisant... La meilleure stratégie, même si c'est la plus pénible, est de passer son temps au port, a proximité du bureau de Caspian ferry et de harceler la dame qui a les informations...
Une fois mon billet en poche (130$), je retrouve sur le parking 2 gars et 2 filles venant d'Angleterre et voyageant en voiture depuis la Géorgie.
Attente sur le parking
Après quelques péripéties administratives a la frontière, je monte enfin dans le bateau. Leur voiture n'était pas en règle mais finalement les anglais passent aussi, heureusement pour moi, car je vais profiter de leur compagnie pendant toute la traversée. Puis nous attendons encore un moment et le bateau large enfin les amarres vers 20h.
Bye bye Azerbaïdjan. Un pays que je ne regretterai pas.
La traversée est calme. Nous profitons du soleil, du bleu de la mer, des plate-formes pétrolières illuminées la nuit, et de quelques repas au restaurant du bord. Nous arrivons le lendemain après midi en vue d'Aktau mais ne débarquons qu'a la nuit tombée, le temps que la douane inspecte un peu le navire. C'est reparti pour le lot de formalités. Montrer son passeport dix fois (« oui, j'avais les cheveux long avant... »), aller de bureau en bureau sans savoir exactement ce qu'il faut faire. Les anglais ne peuvent enregistrer leur voiture car il est trop tard, donc nous passons la nuit sur le parking. Première nuit a la belle étoile du voyage pour moi !
Je les quitte le lendemain pour aller découvrir Aktau. Ville étrange construite par les soviétiques a partir de rien il y a un demi siècle après la découverte de mines d'uranium. C'était supposé être la ville parfaite. Pas de nom de rue, une adresse se compose de trois numéros pour le district, le bâtiment et l'appartement... Je me débrouille comme je peux pour atteindre une agence ou prendre mon billet de train. Deux jours a attendre « seulement ». Je m'estime heureux. Mais le ticket m'a couter 70 euros, c'est 2 fois le prix. On m'a expliqué depuis que je serai en première classe, soit un compartiment avec seulement 2 lits, et non le wagon avec 26 lits en sardines, ce qui aurait été sans doute plus fun et plus typique. Mais bon, trop de confort n'est sans doute pas du luxe dans un voyage en train de 2 ou 3 jours...
Je trouve ensuite la police de l'immigration, pour m'enregistrer. Ça prends 2 heures car le chef est parti déjeuner... Classique ! Puis je fais quelques courses et traverse la ville direction le désert, et un plage accueillante pour la nuit.
Pas grand chose a l'horizon
Je me baigne enfin dans la Caspienne. Elle est chaude, algueuse et rocheuse. Le vent se lève a la tombée de la nuit et m'oblige a arrimer la tente avec des pierres car le sol est trop dur pour les piquets.
Le lendemain, le vent ne s'est pas calme, et je ne me sens pas de rouler toute la journée vers nul part, dans un désert monotone. Je ne suis pas sur de pouvoir faire une boucle pour retourner vers Aktau le lendemain, donc je décide de mettre le cap sur la ville et d'aller sonner chez Anke. C'est une allemande qui vit a Aktau depuis quelques mois avec son mari. Je l'ai rencontrée a l'ambassade kazakh, a Baku et elle m'a offert de passer la nuit chez eux si j'étais bloqué a Aktau quelques jours. Je laisse donc passer une partie de la journée et trouve son appartement. C;est la nounou kazakhe qui m'accueille en attendant qu'Anke rentre du travail. Elle m'accueille généreusement et, je pense, est contente de rencontrer des touristes car selon ses dires, les « expat' » de la ville sont le plus souvent des caricatures d'eux mêmes et elles n'a pas vraiment d'amis en ville.
En sortant faire une promenade sur la plage avec son adorable Frederic (14 mois et heureux de vivre), nous tombons sur Jaya, Claire, Tom et Sean, qui passent le temps sur la plage. Ils m'apprennent que leur voiture a été définitivement refoulée a la frontière. Une histoire de fou et de paperasse... Bref, ils sont désormais voyageurs a sac a dos et attendent un train pour dans 2 jours. Anke, décidément plus que généreuse, propose pique-nique sur la plage et dodo a l'appartement pour tout le monde. C'est une super soirée, comme seul les voyages désorganisés peuvent en produire.
Les deux gars se sont faits mechamment rincer a la vodka par un russe et un kazkh tres genereux pendant qu'on faisait les courses... Ces anglais... ils ne tiennent que la biere !
Le lendemain, quelques courses et un peu de cuisine occupent notre journée. Grâce a Anke, nous avons trouve un magasin vendant du gaz pour réchaud a Aktau (Robinson, District 4, bâtiment 1).
Je m'apprête a décoller pour la gare, qui est tout de même a 12 km de la ville. Et faire accepter mon velo dans le train promet d'etre toute une aventure...
A bientôt, sans doute depuis Bishkek, au Kirgistan.
Bises