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Présentation

Ce blog présente mon voyage à vélo d'avril 2010 à avril 2011. Au départ projet de tour du monde sur 2 ans, par l'Asie et les 2 Amériques, il s'est finalement arrêté en Asie. C'est un voyage en solitaire, sur un vélo couché (Pioneer), que j'ai tenté de faire vivre a travers ce blog.
Bonne lecture.

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 03:40

Salut a tous.

 

Je suis arrivé en Chine !

 

Mais faisons les choses dans l'ordre. Je vous avais laissés a Bishkek.

 

Je suis donc repassé au Kazakhstan, par la même frontière que j'avais traversée pour venir. Sur les 30 jours de mon visa Kirghize, je suis resté ... 30 jours. Ce qui devrait vous permettre de mesurer a quel point j'ai aimé faire ce détour sur ma route vers l'Asie.

 

En retournant au Kazakhstan, je laisse derrière moi les montagnes et retrouvé une steppe plus monotone et des chauffeurs qui me klaxonnent dans les oreilles. La transition se faisant progressivement, j'ai quand même un petit col a monter (de 700 a 1200m) et une superbe descente qui me permet d'établir un nouveau record de vitesse : 79,72 km/h.

 

RIMG4186

 

Je rencontre Chris et Kevin, américain et canadien, en route pour faire la légendaire route des Pamirs... en hiver. Alors que moi je fuis lâchement les cols enneigés en prenant la route du Nord. Leur site : fiveelementsexpedition.blogspot.com

 

Le soir même, je sors de la route par un petit chemin pour chercher un coin ou bivouaquer. Mais le problème des petits chemins, c'est qu'ils mènent toujours quelque-part, et je me retrouve a passer devant une ferme ou un vieux titubant me gémit dessus pour que je m'arrête. Je lui fais signe que je continue tout droit et part en ignorant ses protestations pour aller camper un peu plus loin, pas tout a fait rassuré sur la tranquillité des lieux. Le lendemain, je suis bien obligé de repasser par la pour retourner sur la route. J'ai a peine dépassé la ferme que le type de la veille descend des collines au galop pour venir s'excuser de m'avoir fait peur hier, me proposer le thé etc. Comme quoi.

 

Toute la journée, j'hésite entre foncer vers Almaty, retirer de l'argent et sortir de la ville pour aller camper plus loin ou prendre mon temps et réserver la traversée de la ville pour demain. Ça roule bien. Je change trois fois d'avis en cours de route mais la pluie me décide a bifurquer avant l'agglomération. Je fais quelques courses et surtout de je quémande de l'eau devant un magasin dont le patron veut absolument me refiler un sac de nourriture et de boisson qui doit peser pas loin de 10 kg. Je prends tout ce que je peux, pour lui faire plaisir, mais je ne peux pas tout charger (il y a des bonbons, de la viande cuite, des fruits, 2 gros pains...). Après cet épisode cocasse, trouver un endroit sans habitation aussi près de la ville se révèle un peu difficile. Heureusement, il y a la décharge ! Un terrain vague qui se transforme en usine désaffectée ou des poubelles sont déversées partout et dispersées par les chiens errants. En m'enfonçant dans ce petit coin de paradis, je réussis a trouver un chemin coincé entre l'ancienne enceinte et un talus, a l'abri des immondices, et des regards. A part l'usine du coin qui malheureusement fonctionnera toute la nuit, l'endroit n'est pas si mal.

 

RIMG4195Les environs d'Almaty, hors des sentiers battus...

 

 

Le lendemain, j'ai 10 km a faire dans la circulation et le brouillard humide de pollution qu'elle engendre pour rentrer dans la ville et trouver un distributeur de billet. Après avoir laissé passer le gros de l'orage, je repars pour une session de freeride dans une jungle urbaine et sous la pluie. Je suis a fond, motivé par le sale temps, les marres de boue, les nids de poules a éviter, la circulation chaotique et le regard ahuri des passants me voyant. Je prends même du plaisir a cette conduite un peu technique.

 

Après être sorti de la ville, je prends une bifurcation pour revenir sur une route plus basse et plus plate. J'ai beau vérifier 2 fois en demandant l'avis de passants, on m'envoie dans un cul-de-sac boueux. Petit village auquel ne mène qu'une seule route de 5 km, en pente évidemment... Tous les chemins ne mènent donc pas a Rome !

 

Le soir, j'essuie un gros orage, une fois la tente montée heureusement. La pluie ne cessera pas de la nuit et de la journée du lendemain. Mais avec un bon vent dans le dos, j'avance bien et ce n'est que lorsque je m'arrête a une fontaine d'eau qu'Eric et Lydie, qui roulent sur la même route que moi, me rattrapent. Couple de franco-suisse roulant depuis 7 mois et 9000 km, ils ont le même itinéraire que moi vers la Chine puis le Vietnam. On repart donc ensemble. Forcement, entre cyclo, on a plein de choses a se dire. Le camping de ce soir se fait toujours sous la pluie mais grâce a notre (car nous avons exactement la même) super tente dont la chambre se décroche, nous dinons ensemble et au sec.

 

RIMG4199Le moral est toujours la malgré la pluie.


Au matin, il neigeote plus qu'il ne pleut, car la température est bien descendue. On s'élance pour une belle ligne droite de 100 km a travers une steppe sans village, donc sans ravitaillement. Le vent est toujours dans le dos et heureusement car le revêtement disparaît au bout de quelques km pour laisser la place a une piste caillouteuse et souvent en tôle ondulée qui nous secoue toute la journée.

 

Je me fais avoir comme un bleu par une flaque d'eau marron dans laquelle je pense rouler sans souci et qui se retrouve être un gouffre dans lequel je plante ma roue avant. Miraculeusement (encore un bon point pour les roues ultra solides montées par Rando-cycle), la roue ne se voile pas. Par contre, la fourche est déserrée et donc un peu désaxée, mais rien de gênant pour le moment. A part une pause pour changer un maillon de chaine cassée dans une montée un peu rude, l'essentiel de la journée est passé sur le vélo. Malgré les 95 km au compteur, on ne sera pas arrivé au village suivant, mais on aura tout de même trouvé un coin a l'abri du vent, plat et sans caillou pour la nuit. Et vu le paysage de la journée, c'est un exploit.

 

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Le lendemain, on peut enfin faire quelques courses, mais la région est tellement désolée que l'on renonce a trouver un petit restau pour se contenter d'un pique-nique sur le perron d'une maison abandonnée. Je fais encore une fois a mes nouveaux compagnons de route le coup de la panne, avec une crevaison cette fois.

 

Mais tout cela ne m'empêche pas d'arriver fièrement a mon 10 000e km !

 

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Le soir, Lydie, qui porte 1 kg de farine depuis trop longtemps, est prise d'une envie de faire des crêpes. C'est une première tentative pour nous trois et on met un peu de temps a prendre la technique mais une fois la poêle bien chaude, ça dépote ! On passe la soirée dehors, malgré les températures polaires, et on rigole bien. Ce petit goût de « Home, sweet home », alliée au sentiment que la Chine est toute proche, crée un véritable effet euphorisant.

 

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**** ***MERCI POUR LES CREPES !!*** ****

 

Le lendemain, on arrive a la dernière ville avant la frontière, Jarkent, que l'on parcourt dans le désordre pour faire des courses, aller au bazar, au cyber puis manger un bol de laghman. On apprend de toute façon que la frontière est fermée le dimanche donc on se pose pour la nuit a distance raisonnable de cette zone tampon bien surveillée, avec des montagnes blanches pour paysage.

 

Le levée de lune ce soir-la est splendide, son disque rouge-orangé se découpant progressivement sur les sommets. Mais la nuit sera glacée. 0 degré sous la tente et toile gelé au matin. La seule consolation est que pour une fois j'ai quelqu'un a qui lancer une boule de givre au réveil...

 

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Un peu de pub pour les tentes Vaude...

 

Le temps de sécher tout ça, de plier et de franchir les 5 checks-points de l'armée kazakhe, nous arrivons après 11h a la frontière proprement dite, qui bien sur est fermée entre 11h et 13h30... On patiente donc dans le bâtiment (fermé a clef des 2 cotés d'ailleurs). Le temps de faire un peu de couture et de prendre une petite leçon de chinois dans le guide de conversation que je trimbale depuis Nantes et que j'ai déjà pas mal parcouru.

 

Bref, je me présente en premier a un des gardes chargés de tamponner le passeport. Il tique sur quelque-chose, demande un chef. En attendant Eric et Lydie sont passés et chargent leurs vélos dans les mini-bus qui sont les seuls véhicules autorisés a rouler d'un territoire a l'autre.

 

Pendant ce temps, mon tamponneur m'explique par quidam anglophone interposé que la date de la « registration » que j'ai faite a Aktau est dépassée. Il veut que je retourne me faire enregistrer a Jarkent. Je refuse, discute, patiente encore jusqu'à ce qu'une chef parlant anglais vienne et m'explique qu'elle ne peut rien y faire car « c'est la loi ». Totalement démuni face a ce genre d'argument « coup de poing » et voyant l'heure qui tourne, je me résigne et repars en sens inverse. Il est 14h45, Jarkent est a 35 km, mais en faux-plat descendant. Je repasse les checks-points en sens inverse en baragouinant un « registration problem, Jarkent » puis je mange une barre chocolatée, passe sur le grand plateau et c'est parti. A 16h je suis devant la police de l'immigration. Première victoire.

 

Mais je déchante vite. Depuis le parloir, le soldat me dit qu'on ne fait pas de « registration » a Jarkent, il me faut aller a Almaty... Je commence par rigoler, expliquant que je suis a vélo, puis par ne plus rigoler du tout quand il me dit de prendre un taxi. Il appelle son chef. Un modèle de gratte-papier militaire a une étoile et autant de neurone fonctionnel. Il prend mon passeport, l'épluche pendant 10 minutes puis me dit la même chose. Il faut aller a Almaty. Je proteste, c'est juste un tampon sur un bout de papier qu'il me faut. Rien a faire. Je quitte ce guichet pour rentrer dans le bâtiment a coté, espérant plus de chance a un autre endroit. A l'accueil, on me fait patienter puis finalement on m'amène au même endroit, voir le même petit chef de l'immigration, mais cette fois-ci je suis a l'intérieur de la pièce, pas au parloir. Je tente de lui demander une lettre de sa part qui prouve au moins aux soldats de la frontière que j'ai été jusqu'à Jarkent et qu'on a refusé de m'enregistrer, espérant attendrir la chef qui m'a envoyé ici. Mais il ne parle pas plus anglais que moi russe ou kazakh (voire encore moins). Le temps passe et devant mon obstination, il passe un coup de fil auquel je comprend « franssous » et « velociped ». Il raccroche et me demande des photocopies du passeport et du visa. J'ai ça sur moi (il sait pas a qui il a a faire ce petit monsieur ! ). Il me demande aussi des photocopies de mes deux bons de « registration » que j'ai eu a chacune de mes entrées sur le territoire. Me voici donc courant (c'est l'adrénaline) dans les rues a la recherche d'une reprographie, qui heureusement n'est pas trop loin. Je préviens le patron que je n'ai plus un tengue kazakh et que je n'ai que des dollars pour payer. Il me fait cadeau des 2 copies. De retour auprès de mon cheffaillon, j'assiste au remplissage laborieux de 3 formulaires, signe un peu partout, donne mon adresse, ma profession (sic!), ma situation maritale et autres sortes d'informations vitales pour la sécurité du pays. Je l'accompagne a travers les bureaux pour qu'il fasse signer tout ça par un autre chef a une étoile, puis il me renvoie faire 4 photocopies (je vous jure, il faut une bonne dose d'humilité et de patiente avec la bureaucratie d'ex-URSS!). Et finalement, quand je reviens, il écrit des dates sur mon bon de « registration », cherche dans un tiroir et … et … il ne trouve pas le tampon. Pendant que moi je cherche la caméra cachée, il retourne son bureau, va voir dans le coffre-fort, et fini par demander a son second qui heureusement passait par le parloir voir pourquoi son chef travaillait toujours a 18h passées. « Le tampon est dans le tiroir du dessous » semble-t-il lui dire car il met finalement la main dessus et … tamponne généreusement ma « registration » puis me rend tout ça après avoir pris le temps de mettre également un coup de tampon « non autorisé a travaillé » au cas ou j'aurai envie de chercher du travail entre ici et la frontière...

 

Je sors de la content de ne pas avoir a retourner a Almaty mais un peu ahuri par toute l'aventure. Il est 18h30, il fait nuit, je suis en pleine ville et un épais brouillard rend la perspective de reprendre la route encore plus alléchante. Je repars néanmoins avec phare a l'avant et frontale pour l'arrière, puisque ma lumière arrière ne semble pas fonctionner. Je sors de la ville, tourne au premier carrefour et plante la tente dans un champs au bord de la route.

 

Ce soir-la, c'est service minimum. Je ne déploie pas la bâche, ne me lave pas, ne me change pas. Je prends le temps de manger mon seul vrai repas de la journée, de fumer une cigarette et je rentre dans mon duvet. J'ai les mêmes 35 km a faire demain mais cette fois-ci en montée. Et tant qu'a faire, si je veux avoir une chance de rattraper Eric et Lydie, il faut arriver a passer avant la pause déjeuné.

 

Levé a 6h15, je plie la tente encore givrée et commence a rouler a 7h30, pour arriver au dernier bureau de la frontière a 10h15. J'ai fait de nombreuse petites pauses étirements car pédaler en forçant, ce n'est vraiment pas la même chose que pédaler sur la durée et j'ai encore dans les pattes la course d'hier.

 

Cette fois-ci, tout se passe bien, je mets le vélo dans un mini-bus et en route vers la Chine !

 

La suite, bientôt !

 

Bises depuis Urumqi

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 06:36

Salut

Je suis aux portes de la chine. A Korgos. Je voyage depuis 2 jours avec un couple de franco-suisse et ca se passe super bien. Le genou va bien. Le seul point negatif, c'est les temperatures. 4 a 6 degre dans la journee. Et la meme chose sous la tente la nuit. Mais on ne se laisse pas abattre. On a meme fait une soiree crepe hier soir pour feter mon 10 000e km passe dans la journee.Et le soleil est revenu aujourd'hui.


Plein de gens m'ont ecrit de longs mails. Je n'y reponds pas maintenant mais MERCI BEAUCOUP et felicitation a tous pour tous ces CDI, a Shammy pour devenir officiellement avocate (et 4e de promo quand meme !).


Je vous embrasses fort.


Remy

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 08:31

 

 

Je reprends au départ d’Aktau. 12 km pour aller jusqu’a la gare. Je pars suffisamment en avance mais le train étant a 22h30, je me retrouve vite a rouler de nuit ce qui n’est ni prudent ni pratique car les Kazakh sont plus avares de panneaux d’indication que de bris de verre sur la route… Je finis par trouver la gare ou un chef de quai commence a me dire que le vélo dans le train ça ne va pas être possible. Pas découragé, je me rends sur le quai ou je fais un peu l’animation aux chefs de wagons, avec le vélo puis parce que je suis français (on a la cote a l’etranger) puis enfin parce que j’ai une superbe crinière sur ma photo de passeport. Ça fait bien marrer tout le monde et ça permet de détendre l’atmosphere avant les négociations. La chef de mon wagon me fait comprendre qu’il va falloir payer. Je refuse au début expliquant je vais démonter le vélo. En fait, j’enlève juste les bagages et l’appui-tête auquel est fixé le drapeau. Ils me demandent 5000 Tengue, j’obtiens 3000 (16 euros). Mon vélo passera le voyage sous clef dans un faux plafond, en tête de wagon.

 

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La responsable me montre un lit superpose dans une cabine minuscule en me faisant comprendre qu’elle a le lit du dessous. Je commence a m’installer mais me rends vite compte que les autres cabines ont 2 fois plus d’espace, une table et un lit de chaque cote, sans superposition. J’attends que le train parte, au cas ou, et commence a réclamer une meilleure place. Les responsables finissent par me donner une cabine normale, que je partagerai avec un Kazakh d’un certain âge qui me fera un peu de conversation et beaucoup de ronflements. Le voyage va durer un peu plus de 48h avec la steppe qui defile, immuable, et les arrêts en gare, qui donnent l’occasion d’aller se ravitailler au petites échoppes plus ou moins improvisées sur les quais.

 

 

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J’arrive a Shymkent 2 jours plus tard donc, vers 3h30 du matin. Pas vraiment pratique comme horaire. Je patiente donc au bord du quai jusqu’au levé du soleil, vers 7h et décolle. La ville est toute éteinte et je la quitte, comme tant d’autre, sans avoir même cherché les quelques curiosités accessibles.

 

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A midi je règle enfin (!) mon dérailleur arrière dont les vitesses descendaient mal depuis l’Azerbaijan…

 

Après avoir roulé toute la journée, je me rends compte que je ne suis pas sur la route que je voulais. Malgré moi, l'asphalte m'a ramené sur la voie principale entre Shymkent et le Kirgizistan. Moi qui voulait me perdre un peu dans les montagnes avant de retrouver cette route, me voila déjà dessus.

 

Je quitte la route assez tard pour me réfugier derrière un cimetière. Il était temps, mon pneu avant est a plat ! Je monte la tente a l'abri du vent mais même avec cette protection, je sens bien que pour moi, l'été est fini. La polaire est de nouveau sortie et je dors desormais avec le duvet fermé. Il fait 7 degrés cette nuit la (au coeur de la tente). J'ai néanmoins la satisfaction de voir mes premiers sommets enneigés, ainsi que des cavaliers kazakhs regroupant leur troupeau de bovins dans le superbe pâturage qui me sert de décor ce soir et au milieu duquel serpente un ruisseau au multiples bras.

 

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Je m’offre une grasse matinée bien méritée en attentdant que le soleil chauffe un peu la tente, puis répare la triple crevaison de la veille.

 

Toute la journée, la chaîne la plus occidentale et septentrionale des Tien Shan (montagnes célestes) se découpent sur ma droite.

Le soir venu, c’est encore un cimetière qui m’offre un coin tranquille pour bivouaquer. Mais cette fois, deux hommes (un policier hors de son service et son ami russe) viennent me voir. Je sens bien que camper leur semble une drôle d’idée et le kazakh se fait un devoir de m’inviter chez lui. Mais mon campement est établi, mon riz est sur le feu et il reste 15 minutes de soleil donc je ne vais pas tout remballer maintenant... Il me propose même de l’argent, que j’ai peut être tord de refuser. Dur a dire…

 

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Le lendemain, je traverse Taras, sans jouer les touriste encore une fois car je tourne autour des mausolés que je voulais voir sans les trouver et le bazar est …un vrai bazar et y entrer avec le vélo est aussi inconcevable que de le laisser sans surveillance.

 

Après toutes ces villes en enfilade, je ne me méfie pas et continue ma route sans pique-nique. Je dois finalement rouler pas mal pour trouver un endroit ou manger. Ce sera une cantine d’ouvrier de la route ou l’on m’invite a “déguster” une soupe, un plat de pâte et un thé. Ambiance "au coeur du pays" assurée !

 

Ce soir-la, je m’écarte de la route et de la voie ferrée, pour me rapprocher des montagnes et échapper au bruit. Après avoir croiser un cavalier et ses brebis, je me retire dans un petit coin de paradis. Un ruisseau coule le long de la prairie, juste devant des collines de velours brun se transformant rapidement en escarpement rocheux puis enneigés. C’est dans ce cadre enchanteur que je répare ma chaîne, dont j’ai cassé un maillon en forçant dans la terre, quelques mètres avant…

 

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Ca vaut le trajet, non ?

 

Je décide de raccourcir un peu l’allure car sinon je vais encore arriver dans un capital juste avant un week-end, ce qui n’est pas idéal pour faire un visa. De plus, mes genoux accusent le coup de la reprise et je veux les ménager. Au réveil, je sens toujours méchamment mon genou droit. Je tente de rallonger un peu la bôme (car j’ai changer l’inclinaison du siège 2 jour avant), ce n’ai pas mieux. Je la raccourcis, c’est pire ! Je roule quand même car il faut bien trouver des épiceries et de l’eau. Mais je me pose des que possible, derrière un village. Le vent se lève, et dans la nuit, c’est au tour de la pluie.

 

Elle va durer jusqu’a 17h le lendemain. J’ai remis siège et bôme dans la position qui m’a amener jusque la sans douleur, mais ça ne suffit pas. Je roule 2H pour trouver le même genre de cantine ouvrière (mais pas gratuite cette fois) puis me retrouve devant un choix : tout droit, j’entre au Kirgizistan et file vers Bishkek; a gauche, je contourne la frontière pour n’y entrer que 20km avant la ville, donc je sauve quelques jours de visa kirgise, qui n’est que de 30 jours. Je prends donc a gauche, juste avant la ville de Merki (!), comptant sur la prochaine ville pour faire des courses et me poser tot. C’est sans compter la perfidie du dieu des cartes qui, ce jour-la, me joue un tour a sa façon. La prochaine ville se révèle finalement inexistante ou du moins pas sur ma route. Il n’y a rien de part et d’autre de celle-ci et je roule toute l’après-midi pour dégoter de l’eau dans un café pour routier. Ayant enfin le précieux breuvage, je m’apprete a chercher un chemin secondaire pour bivouaquer mais j’entre dans un “TRANSIT SITE” qui s’annonce sur 23 km… Bof, ça ne va pas m’empecher de m’arreter avant… Et bien si, les patrouilles militaires, les barbellés et les miradors vont finalement me dissuader de tenter le coup du camping en “zone de transit”… Donc 23 km, pendant lesquels la pluie s’arrete, quand même. Des que les barbelés prennent fin, je bifurque et me pose dans un champs.

 

106 km pour 7h28 pédalées, c’est une bien mauvaise convalescence !

 

Le lendemain, je prends mon temps pour nettoyer et faire sécher les affaires grâce a quelques rayons de soleil. Le prochain village s’annonce a quelques km. Je repars, mais de village, point. A la place, un nouveau corridor militaire, puis un passage en territoire kirgise (a cette endroit, la route passe pour peu de temps de l’autre coté… L’occasion de donner quelques chose a faire a quelques jeune soldats). Et pour moi, l'occasion de quelques séances photos, posant sur le vélo avec les militaires de chacun des deux pays m'encadrant. Si je n'avais pas refusé, j'aurais même eu un fusil mitrailleur entre les mains... Ce n'est donc qu'après 30 km de genou douloureux que j'arrive enfin a une aire de restaurant pour routiers, avec enfin quelques victuailles a vendre. Je trouve de l'eau, du pain et des gâteaux secs puis m'en vais bivouaquer a l'écart de la route. Non sans avoir photographié mon premier chameau !

 

RIMG3876Imposant !

 

Ce soir la un cavalier passe et repasse devant ma tente, entraînant sans doute sa monture en vue d'une compétition.

 

Le lendemain, je repars sous paracetamol et arrive enfin a un vrai village, avec des épiceries. Dans l'une d'elles je me fais littéralement attraper par une bande de femmes comme si j'etait le messie. Regroupées la depuis un moment deja autour de vodka et de saucisson de cheval, elles sont un peu saoules (il est 10h30) et se pressent autour de moi pour être sur les photos. Un grand moment. Je repars avec la photo du groupe et un saucisson de cheval (puisque c'est assez bon).

 

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J'ai fait 20 km quand je vois un panneau "Bishkek 50 km"... Il a recommencé a pleuvoir. Ce serai trop bête de passer encore une nuit sous la tente pour économiser un lit en dortoir a 5 euros... Donc en avant ! D'ailleurs mon genou me fait moins mal qu'hier, mais c'est sans doute le paracetamol...

 

Le passage de frontière se fait sans encombre. Et je trouve même assez facilement Sakura Guest house, qui se révèle être un endroit propre, sympathique, bien équipé et pas cher, en plus des nombreux backpackers de toutes origines qui sont 9 fois sur 10 des gens amicaux et intéressants.

 

Voila donc pour cette première partie de Kazakhstan. Si certains endroits près des montagnes ont du charme, la steppe est quand même assez monotone. Je ne regrette pas d'être arrivé au Kirgizistan, pays au 3 quart montagneux. Par contre, le problème genou va m'obliger a me reposer un bon coup et planera désormais sur moi comme une epée de Damocles...

 

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Pour les nouvelles fraiches, mon visa chinois devrait etre pres lundi. Mon depart va dependre de cela.

 

Sinon la meteo est au beau fixe mais il va quand meme faire froid pour visiter les montagnes kirgizes.

 

Bises

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Si vous aimer les blog de voyage, je vous invite a suivre celui de Cedric, qui a un mois d'avance sur moi ! Ca vous permettra de comparer, et aussi de savoir mieux que moi ce que me reserve l'avenir !

 

http://www.kilometres-solidaires.asso.fr

 

En plus, son blog est beaucoup plus fourni que le mien...

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:57

 

 



J'ai attendu, attendu, et j'ai finalement réussi a avoir un ferry. Après en avoir loupé un... Il faut croire que téléphoner 3 fois dans la journée, ce n'est pas suffisant... La meilleure stratégie, même si c'est la plus pénible, est de passer son temps au port, a proximité du bureau de Caspian ferry et de harceler la dame qui a les informations...

Une fois mon billet en poche (130$), je retrouve sur le parking 2 gars et 2 filles venant d'Angleterre et voyageant en voiture depuis la Géorgie.

 

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Attente sur le parking


Après quelques péripéties administratives a la frontière, je monte enfin dans le bateau. Leur voiture n'était pas en règle mais finalement les anglais passent aussi, heureusement pour moi, car je vais profiter de leur compagnie pendant toute la traversée. Puis nous attendons encore un moment et le bateau large enfin les amarres vers 20h.

 

 

 

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Bye bye Azerbaïdjan. Un pays que je ne regretterai pas.



La traversée est calme. Nous profitons du soleil, du bleu de la mer, des plate-formes pétrolières illuminées la nuit, et de quelques repas au restaurant du bord. Nous arrivons le lendemain après midi en vue d'Aktau mais ne débarquons qu'a la nuit tombée, le temps que la douane inspecte un peu le navire. C'est reparti pour le lot de formalités. Montrer son passeport dix fois (« oui, j'avais les cheveux long avant... »), aller de bureau en bureau sans savoir exactement ce qu'il faut faire. Les anglais ne peuvent enregistrer leur voiture car il est trop tard, donc nous passons la nuit sur le parking. Première nuit a la belle étoile du voyage pour moi !

 

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Je les quitte le lendemain pour aller découvrir Aktau. Ville étrange construite par les soviétiques a partir de rien il y a un demi siècle après la découverte de mines d'uranium. C'était supposé être la ville parfaite. Pas de nom de rue, une adresse se compose de trois numéros pour le district, le bâtiment et l'appartement... Je me débrouille comme je peux pour atteindre une agence ou prendre mon billet de train. Deux jours a attendre « seulement ». Je m'estime heureux. Mais le ticket m'a couter 70 euros, c'est 2 fois le prix. On m'a expliqué depuis que je serai en première classe, soit un compartiment avec seulement 2 lits, et non le wagon avec 26 lits en sardines, ce qui aurait été sans doute plus fun et plus typique. Mais bon, trop de confort n'est sans doute pas du luxe dans un voyage en train de 2 ou 3 jours...

Je trouve ensuite la police de l'immigration, pour m'enregistrer. Ça prends 2 heures car le chef est parti déjeuner... Classique ! Puis je fais quelques courses et traverse la ville direction le désert, et un plage accueillante pour la nuit.




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Pas grand chose a l'horizon

Je me baigne enfin dans la Caspienne. Elle est chaude, algueuse et rocheuse. Le vent se lève a la tombée de la nuit et m'oblige a arrimer la tente avec des pierres car le sol est trop dur pour les piquets.

 

 

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Le lendemain, le vent ne s'est pas calme, et je ne me sens pas de rouler toute la journée vers nul part, dans un désert monotone. Je ne suis pas sur de pouvoir faire une boucle pour retourner vers Aktau le lendemain, donc je décide de mettre le cap sur la ville et d'aller sonner chez Anke. C'est une allemande qui vit a Aktau depuis quelques mois avec son mari. Je l'ai rencontrée a l'ambassade kazakh, a Baku et elle m'a offert de passer la nuit chez eux si j'étais bloqué a Aktau quelques jours. Je laisse donc passer une partie de la journée et trouve son appartement. C;est la nounou kazakhe qui m'accueille en attendant qu'Anke rentre du travail. Elle m'accueille généreusement et, je pense, est contente de rencontrer des touristes car selon ses dires, les « expat' » de la ville sont le plus souvent des caricatures d'eux mêmes et elles n'a pas vraiment d'amis en ville.

En sortant faire une promenade sur la plage avec son adorable Frederic (14 mois et heureux de vivre), nous tombons sur Jaya, Claire, Tom et Sean, qui passent le temps sur la plage. Ils m'apprennent que leur voiture a été définitivement refoulée a la frontière. Une histoire de fou et de paperasse... Bref, ils sont désormais voyageurs a sac a dos et attendent un train pour dans 2 jours. Anke, décidément plus que généreuse, propose pique-nique sur la plage et dodo a l'appartement pour tout le monde. C'est une super soirée, comme seul les voyages désorganisés peuvent en produire.

 

RIMG3810Les deux gars se sont faits mechamment rincer a la vodka par un russe et un kazkh tres genereux pendant qu'on faisait les courses... Ces anglais... ils ne tiennent que la biere !



Le lendemain, quelques courses et un peu de cuisine occupent notre journée. Grâce a Anke, nous avons trouve un magasin vendant du gaz pour réchaud a Aktau (Robinson, District 4, bâtiment 1).

Je m'apprête a décoller pour la gare, qui est tout de même a 12 km de la ville. Et faire accepter mon velo dans le train promet d'etre toute une aventure...



A bientôt, sans doute depuis Bishkek, au Kirgistan.

Bises

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