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Présentation

Ce blog présente mon voyage à vélo d'avril 2010 à avril 2011. Au départ projet de tour du monde sur 2 ans, par l'Asie et les 2 Amériques, il s'est finalement arrêté en Asie. C'est un voyage en solitaire, sur un vélo couché (Pioneer), que j'ai tenté de faire vivre a travers ce blog.
Bonne lecture.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 14:53



L'Azerbaïdjan.

 

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Et c'est partie pour 450 km de route plate, droite et sans intérêt ! Je m'explique. Le pays est essentiellement constitue d'une vaste plaine coincée entre le grand Caucase (qui fait la frontière avec la Russie, au nord), le petit Caucase (qui fait la frontière avec l'Arménie, au sud-ouest) et les montagnes qui le séparent de l'Iran, loin au sud. Avec bien sur pour terminer le tableau, la Caspienne sur toute la longueur du pays, a l'est. La route qui va de la Géorgie a Baku, en longeant le grand Caucase est de toute évidence la plus belle, mais mon visa ne me donnait pas le temps d'aller jusque las-bas et il me faudrait faire un détour non négligeable pour la récupérer maintenant.. Les montagne du sud-ouest sont interdites pour cause d'occupation arménienne (conflit dit « du Haut-Karabagh »). Donc je n'ai plus qu'a filer tout droit vers Baku en mode « autoroute », a travers cette plaine sèche et salée.

Aussitôt la frontière passée, j'ai le sentiment d'être de nouveau en Turquie. On m'arrête sur la route pour me parler du vélo. On m'offre le thé a la station service ou je venais chercher de l'eau. Le soir, je m'enfonce dans les champs pour m'éloigner de la route et recrois la visite d'un groupe de bergers avec qui je discute un moment (avec démonstration complète de la tente et du vélo). Mais assez vite, je vais entrevoir des différences, et pas a l'avantage des azéris ! Pour le dire sans prendre de pincette, les azéris que je croise (donc une bonne proportion d'automobilistes, routiers, policiers et ouvriers de la route, soyons honnête) manquent cruellement de savoir vivre. Si dans tous les pays traversés, le vélo couché a toujours fait de l'effet, la j'ai carrément l'impression d'être dans le genre de rêve ou l'on est sorti de chez soi sans vêtement. On me siffle bruyamment. On me hèle avec un signe de la main qui veut dire « c'est quoi ce truc? ». On me fait signe de m'arrêter toutes les 2 minutes. Les klaxons vont devenir un vrai problème et me faire sortir de mes gongs plusieurs fois. Bref, je part avec une très mauvaise impression sur ce pays. Comme les turcs, les azéris sont gentils et prévenant mais avec un cote bien lourd et collant en plus.

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Le foulard atténue un peu le vent de face qui siffle dans mes oreilles

 

Le soir suivant, je croise a nouveau un homme au milieu de nul part. On discute un peu puis je m'en vais plus loin monter mon bivouac. Il revient 5 minutes plus tard sous le prétexte de me dire qu'il y des serpents, puis reste pendant 20 minutes a regarder tout ce que je fais. Une fois installée, je lui dis au revoir et me réfugie sous la tente, lui faisant comprendre que c'est l'heure de ma douche. Il reste la a me regarder me déshabiller, me prenant en photo avec son téléphone...

Le matin, une fois les bagages plies, je fais 50m pour trouver un buisson accueillant pour y faire ce que vous imaginez. Voilà le même gars qui débarque pour dieu sait quelle raison et s'installe a cote de mon vélo en attendant que j'ai fini. Autant vous dire que j'ai pas lu le journal...

 

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Le lendemain matin, au levé du soleil, j'ai le droit a pire. Un type trouve ma tente et commence a passer des coups de fil juste a cote alors que je suis encore couché. Je me lève sur les nerfs, ouvre la tente et me fais prendre en photo avant même d'avoir pu faire un pas a l'extérieur. J'ignore le bonhomme du mieux que je peux, répond n'importe quoi a ces questions, l'envoie chier et retourne prendre le petit déjeuner sous la tente. Lui continue a téléphoner. Ça va durer jusqu'à ce que je parte ! Je comprends quand même que ce n'est pas un berger mais une sorte de garde d'une entreprise du coin. Je suis pourtant sur d'être en plein champs. Aucun bâtiment en vue ! Je fais 500m et tombe sur un flic en civile qui veut que je l'accompagne vers la route. S'il veut, c'est la que je vais. Encore 100m puis c'est un 4x4 avec 3 militaires qui m'intercepte. Je comprends alors a qui le gros lourd de ce matin passait ses coups de téléphone... C'est partie ! Déballage des sacoches, vérifications du passeport, effacement de la photo que j'avais prise de la tente et du gros lourd... Je suis pourtant sur de pas avoir franchi de panneaux interdisant l'entrée a ces champs de blé (moissonnés qui plus est !). Les chefs, c'est-a-dire le policier et l'officier du 4x4 passent chacun une vingtaine de coup de fil en donnant mon nom. Ça dure une heure et demi . Le soleil commence juste a taper quand ils me libèrent enfin et me souhaite bonne route... J'ai chercher a comprendre la raison de tout ça mais le policier m'a fait comprendre qu'il ne fallait pas chercher... Ils n'ont même pas essaye de me taper du fric !

Heureusement, ce sera ma seule mauvaise expérience avec la police, dans un pays ou j'aurai pu en avoir une dizaine... Je vous raconte quand même la seconde rencontre marquante avec les forces de l'ordre, qui m'a plus amusée qu'autre chose.

Je roule tranquillement lorsque j'arrive a un beau pont tout neuf. Au bord du pont, une maison a pièce unique d'où je me fais siffler (au sifflet, c'est donc un policier). Un jeune blanc bec en uniforme me fait signe de m'arrêter et de traverser la route pour le rejoindre. Il m'accompagne ensuite a l'intérieur ou m'attends le chef, aussi dans un fauteuil. En voyant le personnage, je sais déjà que je ne vais pas m'ennuyer ! Gros, mal rasé, l'intégralité des dents visibles en or, le chef est en train d'engueuler vertement quelqu'un au téléphone. Une fois celui-ci raccroché (violemment), il me propose un thé et commence a me questionner. Les 2 téléphones nous interrompent souvent et il finit par les laisser décrocher. La conversation n'est pas bien élaborée car ils ne parlent pas un mot d'anglais et je baragouine juste 3 mots de turcs (très proche de l'azéri). Mais de toute façon, ils ont l'air peu intéressé par le voyage. Le chef commence a me parler d'argent : « Dollars, euros ». Je dis que je n'en ai pas puisqu'on est pas aux États-unis ou en Europe (remarquez la logique implacable). Puis je fais celui qui comprends pas et il en est réduit a sortir un billet de sa poche. C'est la qu'il est piégé ! Je fais semblant de comprendre qu'il veut me donner de l'argent. Je dis « non, merci beaucoup mais j'ai besoin de rien, cet argent est le votre, gardez le s'il vous plait ». Leurs tentatives ne changeront rien, je suis trop bête pour comprendre le principe du bakchich... Le petit larbin est aussi parfait dans son rôle de lèche-bote que le chef l'est dans celui de l'officier pourri. Tout frêle, flottant dans son uniforme trop grand, il se délecte du despotisme de son maitre et tente sans succès de l'aider a me faire comprendre qu'il faut que je leur donne de l'argent. Je laisse la situation tourner en rond un moment, puis, les voyant découragés, je me lève en les remerciant chaleureusement mais l'air de dire « j'ai pas que ça a faire non plus » et je pars sans autre forme de cérémonie.

Je remonte sur mon vélo, fier d'avoir su éviter la première et certainement pas dernière tentative de bakchich du voyage. Et d'avoir en prime bien rigolé ! Mais bon, les futurs policiers corrompus que je croiserai ne seront peut-être pas (tous) aussi stupides que les Laurel et Hardi d'aujourd'hui !



Autres fait marquant de cette « traversée du désert », je suis interviewé et filmé sous tous les angles par Lider TV. Mais je doute de pouvoir voir un jour le reportage. De toute façon, j'ai raconté des banalités, ne pouvant dire ce que je pensais réellement du pays...



Le pneu avant ayant causé 2 crevaisons en 2 jours, je me décide a installer le superbe pneu russe a 3 euros pour le remplacer (sur une roue a 150 euros, ça fait un peu mal au cœur mais bon)... Et bien il a rempli dignement son office jusqu'à Baku. Et n'ayant pu trouver mieux en ville, je vais continuer avec un moment encore.

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Le matin du 5e jour, je me lève faible et nauséeux. Une nouvelle indigestion. Je passe l'essentiel de la journée a dormir derrière un restaurant. Les gens ne sont pas très sympa et sitôt qu'il me voit debout, j'ai le droit aux photos et doit faire une démonstration de vélo devant le restaurant. Je refuse 3 fois a l'un des serveurs d'essayer mon vélo (trop de mauvaises expériences avec les gens qui n'écoutent pas les conseils et mises en garde, a chaque fois c'est un risque de casse...), ce qui ne l'empêche pas de monter dessus. Je me mets en colère et le sors de la par le col, le traitant d'enfant stupide. Je part peu après. Toujours pas en forme mais il me faut bien un endroit pour la nuit.

Je fais quand même 24 km ce jour la et arrive finalement au bord de la Caspienne. Bon je m'attendait pas a grand chose donc je ne suis pas déçu, et même plutôt content de voir une belle étendue bleu.

 

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Au matin, je vais mieux et décide de rejoindre enfin Baku. Je fais les 70km qui me sépare de la ville sans trainer. Je n'ai pas vraiment d'appétit donc je saute le déjeuner (je suis d'accord avec vous, c'est pas normal...). Puis je me mets en quête d'un hôtel pas cher recommandé par le Lonely, « Hotel Velotrek, a cote du club cycliste qui peut aider les voyageurs a vélo en cas de souci mécanique ». Si ça c'est pas pour moi ! Je mets un moment a trouver le quartier puis a tourner en rond a la recherche de l'hôtel. Je demande souvent mon chemin et on m'envoie plus d'une fois dans la mauvaise direction... Au bout de 3H, un passant me fait comprendre que l'hôtel a ferme il y a3 ou 4 mois... Ok, on prend un autre hôtel et on recommence ! Je mettrai ''seulement'' une heure pour trouver le « 1000 Camels » et enfin me poser. La journée a été rude mais je vais avoir de quoi me reposer !

 

DATE






Moyenne Ville Nuit Vélo
13/08/2010 J 109 93 km 5 h 22 17,33
Camping sauvage
14/08/2010 J 110 123 km 7 h 9 17,2
Camping sauvage
15/08/2010 J 111 106 km 5 h 58 17,77
Camping sauvage Remplacement du pneu avant
16/08/2010 J 112 110 km 6 h 7 17,98
Camping sauvage
17/08/2010 J 113 91 km 5 h 40 16,06
Camping sauvage
18/08/2010 J 114 24 km 1 h 52 12,86
Camping sauvage
19/08/2010 J 115 106 km 7 h 31 14,1 Baku Hôtel

 

 

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Je vous raconterai le peu qu'il y a dire de Baku la prochaine fois car j'ai très faim !

On est samedi soir. Peut être demain le ferry... Qui sait ?

Bises



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Published by remytdm - dans Azerbaïjan
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commentaires

Margot 29/08/2010 16:34


Rémy, cela faisait une eternité que je n'avais pas lu de tes nouvelles... et c'est un pur régal! dépêche-toi de traverser ces pays barbares, pour nous rejoindre en Amérique (bon, je sais qu'il te
reste un bout de chemin...)
Et si tu décides de faire un crochet par Cuba, tu verras que: personne ne vient t'acoster, et personne ne te prendra en photo!
Des tas de bisous, prends soin de toi
Margot


remytdm 29/08/2010 17:32



J'attends aussi tes recits avec impatience.


Faites attention a vous et profitez bien.


Je terminerai bien par "J'arrive !" mais c'est un peu presompteux... donc je me contenterai d'un "A tres vite" !


Bisou