Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

Ce blog présente mon voyage à vélo d'avril 2010 à avril 2011. Au départ projet de tour du monde sur 2 ans, par l'Asie et les 2 Amériques, il s'est finalement arrêté en Asie. C'est un voyage en solitaire, sur un vélo couché (Pioneer), que j'ai tenté de faire vivre a travers ce blog.
Bonne lecture.

ENGLISH google translation
(other languages avaliable)

Recherche

Itinéraire

Pour plus de détails,
veuillez cliquez sur les liens suivants : 

 

Europe

Asie

 

 

7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 09:53

 

Le message précédent se finissait dans le bus qui passe du sol kazakh a la Chine. Je ne suis pas encore sorti du bus que je prends auprès des chinois ma première leçon de bizarrerie. Un barrage de policier chinois arrête le véhicule et demande si quelqu'un transporte des allumettes. Les gens autour de moi me font comprendre ça avec des gestes, mais je n'ai que des briquets. Puis on me demande si j'ai des barres chocolatées. Je sors mon unique nut's (alors que si j'avais su qu'il était impossible de trouver ça en Chine, j'en aurai sans doute eu une dizaine!) et le donne au chauffeur qui va le donner aux militaires et qui finalement me le ramène... Ce petit manège n'a toujours pas trouvé d'explication logique dans mon esprit.



Une fois descendu du bus, je passe la frontière chinoise avec facilité et même plaisir tant tout est fléché, organisé et traduit. Les policiers chinois sont tous courtois et parlent tous un minimum d'anglais. Ça change !



Une fois dehors, le premier objectif est un distributeur de billet. Le second est un restaurant, ou je comprends vite que le petit guide de conversion français-mandarin va se révélé indispensable. L'accueil est cordial. On tourne autour du vélo mais plus respectueusement que ce a quoi je suis habitué. Un type ne parlant pas anglais et dont je ne sais s'il dépend ou non du restaurant tient absolument a me refiler 50 yuan, sois 5 euros. Je sors donc de mon premier restaurant rassasié et plus riche qu'en y entrant !



Après cette pause bien méritée pour fêter mon entrer en Chine, il est temps de me mettre en chasse (mais non pas aux filles...) et de rattraper Eric et Lydie. Ils ont 21h d'avance sur moi, mais gentils comme ils sont, ils n'ont pas du trop pousser sur les pédales. Moi par contre, je continue a tracer car, indépendamment du plaisir d'avoir rouler avec eux, être séparer sans l'avoir décidé laisse un goût de frustration dans la bouche.



Coté ravitaillement, je subis ma première désillusion dans un petit magasin chinois. Rien ne ressemble a ce que je connais, tout est sur-emballé, les photos sont plus mensongères que jamais et il est difficile de faire la différence entre une friandise et de la viande...



Je découvre par contre les routes chinoises grand luxe (larges, lisses et riches en signalisation). Sans attendre la toute fin de journée, je me pose a l'écart de la route, les jambes a la limite de la démission, pour faire sécher ma tente trempée aux derniers rayons du soleil.

 

RIMG4270



Le lendemain, je me réveille en célébrant intérieurement mon 6e mois de voyage et mon passage en Chine. Je démarre ensuite, pour quitter le bassin de l'Ill et monter un col qui promet d'être costaud (de 900m a 2200). Les endroits pour camper ne sont pas nombreux une fois dans les gorges, et j'en déduit qu'Eric et Lydie doivent avoir pas mal roulé quand même pour passer le col et redescendre au chaud de l'autre coté pour (éventuellement), m'y attendre. L'ascension me prend toute la journée car si les dénivelés sont raisonnables, la route n'en est que plus longue. Je passe même sous un immense viaduc en construction. De cet endroit, j'aperçois les camions qui serpentent bien au-delà, sur la montagne en face, et comprends que c'est la route qui m'attend. Après un final laborieux dans la neige et la boue agglomérées, je suis enfin au sommet, d'où j'ai une vue a couper le souffle.


RIMG4278



Quelques mètres de plus et le lac de Sayram, magnifié par la neige couvrant sa ceinture de montagne. Un régal !

 

 

RIMG4294


Voyant les innombrables pierres qui bordent la route, je décide de laisser une trace de mon passage, au cas ou Eric et Lydie serait derrière moi...


DSC00217



Je prends un paquet de photos, trouve un hameau ou j'achète de quoi survivre (nouilles instantanées et eau notamment) mais le soleil se couche déjà sans que j'ai le temps de redescendre vers la plaine. Il va falloir camper au bord du lac, a 2100m, pas sur la neige mais peu s'en faut. Il fait 0 degré dans la chambre et au matin, l'eau de la gourde qui a dormi près de ma tête a commencé a geler ! Je plie sans tarder, prends quand même le temps de faire une photo car ce matin je me sens vraiment baroudeur :

 

RIMG4303

  J'ai pas l'air malin sur la photo, mais vu la temperature, j'allais pas en faire plusieurs !



Puis c'est la descente. Comme pour la montée, pas de dénivelés fous mais un bon revêtement et une absence totale de circulation (dû a un barrage de police, pour protéger le lieux d'un accident) qui me permets de rouler tranquille et de faire rien moins que 50 km en 1h30... Malheureusement, je ne profiterai pas d'une vue majestueuse sur la plaine car vers 1000 ou 1500m une chape de brouillard masque toute visibilité. Les dizaines d'usines a charbon croisées les jours suivants expliquent cette nappe cotonneuse qui bouche toujours l'horizon a l'heure ou j'écris.



Une fois a 400m, la température en journée est plus supportable, mais toujours froide la nuit. Je commence a avoir épuisé ma résistance au froid. Je rêve de soleil qui chauffe et de couvertures épaisses. J'ai 3 semaines de retard sur mon planning, qui était déjà limite du point de vue température a cet endroit. J'avais a l'origine prévu de prendre un train entre Almaty et Urumqi, puis j'ai eu envie de rouler cette partie. Je décide donc de faire quelques centaines de km en bus ou en train, a partir d'Urumqi pour fuir l'hiver.



Depuis l'autoroute (car je roule sur une superbe autoroute déserte, avec une belle voie d'arrêt d'urgence rien que pour moi), les arbres a baie de Goji et surtout les champs de coton défilent. La chaine de montagne au sud est constamment cachée par le « fog ». Donc je roule, tous en laissant 2 autres fois sur la route mon prénom, la date et l'heure, écrits a la craie, au cas ou les 2 amis serait derrière. Car vu ce que j'ai roulé, je commence a me dire que s'ils sont devant, c'est vraiment qu'il n'avait pas envie d'être rattrapés...



Le paysage monotone devient encore un peu plus désertique et je roule toute une journée sur mes réserves de nourriture avant de finalement trouver de l'eau et un peu de bouffe très cher a une station essence.



Le lendemain, soit 4 jours après le passage de la frontière, je roule tranquillement quand je crois entendre un appel crié de très loin (je vous l'ai dit, l'autoroute est vraiment tranquille !). Je cherche du regard et observe dans le retro 2 formes fines roulant sur le coté de la route. Je m'arrête donc et reconnaît rapidement Eric et Lydie qui arrivent essoufflés et affamés. Depuis 2 jours qu'il ont vu mon premier signe en pierre (qui leur a fait comprendre que j'étais devant et non derrière), ils ont pédalé 2 fois 120 km, a 20 km/h de moyenne pour me rattraper. On se fait donc une pause casse-croute en se racontant nos aventures respectives depuis la frontière.

 

RIMG4316

Apres les km de maïs qui seche, les km de piment

 

 

Les 4 jours suivant passent plus vite et je retrouve le plaisir de rouler en discutant, même si a Kuytun, on se fait virer de l'autoroute par la police car a partir de ce point une nationale (sans bas-coté et beaucoup plus passante, mais comme chez nous, ici la loi n'est pas toujours la logique) fait le même chemin vers Urumqi. Les jours se succèdent donc avec petits villages remplis d'ordure, champs de mais ou de coton, grains de mais séchant sur les routes pendant des dizaines de km, laghman ou découvertes culinaires chinoises a midi, villes modernes avec des affiches publicitaires partout, hordes de balayeurs municipaux dont la mission semble être de garder constamment la poussière en l'air, files immenses de voitures attendant de pouvoir faire le plein de GPL, les 10000 km d'Eric et Lydie, et les températures toujours limites la nuit. Au matin de la dernière nuit avant Urumqi, Eric mesure même -6 degrés !

 

DSC00280

L'usine de charbon au milieu de la ville, ca fait un peu mal...


Après 23 km de route en travaux complètement chaotiques, nous sommes aux portes de la ville. Je vous passe les détails de l'entrée dans la métropole, plutôt bien négociée par rapport a la moyenne de ces périlleux exercices. Même avec deux petites cartes et l'avis d'une demi douzaine de passants, ce n'est qu'a la nuit tombante que nous trouvons finalement l'auberge de jeunesse visée. Tout le monde a besoin d'une bonne douche, surtout Eric (et tac ! Ça c'est pour recommencer a faire de la mécanique sans m'attendre alors que j'écris comme un fou un récit qu'il menace de copier-coller sur son site).  .


Le surlendemain de notre arrivée, il se met a pleuvoir dru et en début de soirée... a neiger a gros flocon. Le lendemain tout est blanc, sauf le ciel qui est gris. On n'en revient toujours pas du bol monstrueux que l'on a eu de rouler, dans le froid certes, mais sous le soleil depuis au moins 10 jours, alors qu'a deux jours près on se prenait 5 cm de neige...

 


Les journées a Urumqi sont bien remplies entre le grand nettoyage du vélo (10 bonnes heures de mécanique en ce qui me concerne), les lessives, les courses, le blog, les mails, l'itinéraire suivant a préparer, les rencontres, les petits restaurants, les aperos (quand même). Le magasin de vélo est l'endroit le plus loin de l'auberge ou nous ayons été jusque la. Mais les jours passent et il reste toujours des choses a faire après 6 mois de voyage (j'ai un gros atelier couture qui m'attend par exemple).

 

DSC00336Contrairement a ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas un petit dejeuné...



Eric et Lydie vont peut-etre filer en bus vers Chengdu, au centre du pays, pour avoir le temps de rejoindre le Vietnam pour Noël. Quant a moi j'envisage plutôt Langzhou, un peu plus au nord, pour traverser des régions tibétaines sur la route de Chengdu. Quelques jours a plus de 3000m mais je pense que ça vaudra le coup de se cailler encore un peu.



Les prochaines nouvelles, détaillées en tous cas, seront sans doute de Chengdu. J'espère que vous avez apprécié ces deux petits récits riches en aventures. En tout cas moi, je ne me suis pas ennuyé a les vivre !



A bientôt.



Partager cet article

Repost 0
Published by remytdm - dans Chine
commenter cet article

commentaires

david 28/12/2010 15:44


Pourquoi n'es-tu pas passé par la Mongolie ? Pas envie ? A cause de l'hiver ?


remytdm 29/12/2010 03:47



j'aurais bien aime mais trop complique au niveau des visas (russe) et des routes. Et bien sur l'hiver... Un peu trop desertique pour moi aussi.



loizeau 11/11/2010 17:35


bonjour Rémy
merci de nous faire rêver et voyager avec toi ,aujourd'hui Nantes est sous la pluie et le vent,mieux qu'un bon bouquin sous la couette... tes photos ,commentaires.Bonne route vers le Tibet bises de
maurice et mjo


louy 10/11/2010 00:06


C'est super de voir que tu t'amuses comme un petit fou, tes nouveaux potes ont l'air bien sympas.
Petit conseil : si un jour tu passe le clavier en chinois essaye pas d'écrire un truc en phonétique on comprendra rien, j'ai déjà essayé...


remytdm 10/11/2010 03:29



On s'amuse bien en effet. Je vous promets pour bientot une petite vidéo ou on joue a Mario Kart sur l'autoroute !



armandos 07/11/2010 16:58


merci pour tes messages..
continues a nous faire rever..numericable.fr


remytdm 08/11/2010 05:04



Salut.


C'est fait expres le lien a la fin ?



michelle 07/11/2010 14:56


génial, merci tellement de nous faire partager tout ça et une pensée toute particulière pour moi quand tu approcheras le Tibet.
Tashidelek te servira pour toutes les salutations et toutiché pour dire merci.
que le froid te ragaillardise, bon vent


remytdm 08/11/2010 05:11



Merci pour les traductions, ca sera utile.


A bientot